Les livres du Café Lecture

 

Cette rubrique vous présente les différents ouvrages lus pendant le café lecture. Voilà quelques unes des réflexions évoquées lors de ces débats…

  
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Le livre du regretté Joseph Ponthus "A la ligne" n’a laissé personne indifférent. Il a séduit par l’aspect très original de son écriture et la profondeur des sentiments du narrateur sur le monde harassant du travail à la chaîne, un peu comme une réplique des "Temps Modernes" de Chaplin.
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Dans une famille bourgeoise, il est d'usage de ne pas se plaindre même après la mort violente par suicide d'un proche. Olivia de Lamberterie décide d'écrire sur la mort de son frère pour rompre avec ses habitudes, et parce qu'elle a décidé de faire vivre la mémoire de ce frère, encore et toujours. Il était son complice, son alter ego et c'est bien là le mystère de la fraternité qui est révélé par cette écriture vive et terriblement efficace. "Les vivants ferment les yeux des morts, mais les morts ouvrent les yeux des vivants".

L'histoire se déroule dans un milieu assez défavorisé de la société danoise où le sport est un bon dérivatif à la morosité ambiante du pays. Seul le personnage d'une infirmière libérale est assez lumineux dans ce roman sans grande surprise. Ce qui retiendra surtout l'attention du lecteur, c'est le thème souvent peu exploité de la boxe.
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Ce livre, qui est une jolie découverte, retrace une page de la vie du musicien Maurice Ravel. Après avoir été réformé pour « petite constitution », il finira par se faire engager en 19166 comme conducteur d’ambulance à l’âge de 41 ans. Comme beaucoup de soldats, le retour à la vie est difficile. « Cris et paroles de Paris avaient disparu et leur esprit avec. Eux aussi étaient morts à la guerre. »
Ce musicien pour qui tous les sons sont musique : bruits de la forêt ou bruits du front, dira, après « Le Tombeau de Couperin » qu’il composa à son retour de guerre : « Ainsi vivons-nous heureux avec nos morts et les jours passés avec eux ».
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En ce premier mercredi de février, c’était une première, voire une gageure pour le café-lecture, d’avoir à décortiquer un livre de philosophie. Pour beaucoup d’entre nous les cours semblaient bien lointains et la gymnastique cérébrale nécessaire à la lecture de philosophie…un peu rouillée !
Tout le talent de Frédéric Lenoir tient à la vulgarisation intelligente de Spinoza et à la mise en lumière de ce philosophe du 17 e siècle qui brille par sa modernité. Le café-lecture est devenu, pour un soir, café-philo et ça fait du bien.
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Ce livre raconte l'histoire d'une belle amitié, entre deux garçons, italiens du nord, avec l'amour de la montagne comme fil conducteur.
L'un grandit à Milan mais passe toutes ses vacances dans un village des Dolomites où il retrouve un compagnon de jeu né sur place.
Au-delà de leurs différences culturelles, leurs relations seront celles d'enfants des montagnes puis d'adolescents tourmentés qui se construisent en se heurtant à leurs parents.
Devenus adultes, leurs chemins divergeront jusqu'à la disparition des parents qui redonnera de l'énergie à leur amitié fraternelle.
Très bien traduit, ce roman est beau comme un paysage d'altitude.

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L’auteure de ce roman policier est avocate pénaliste de métier et issue elle-même, d’un milieu douteux.
Patience Portefeux, son héroïne, est un personnage rebelle et amoral. Née d’une mère juive et d’un père tunisien français dans les années 1960/70, elle avance dans la vie, de galère en galère, jusqu’au jour où elle se retrouve à travailler pour le ministère de la justice où elle transcrit les écoutes téléphoniques du grand banditisme ou des petits dealers…
Portée par une écriture incisive et drôle, cette aventure originale est assurément une réussite dans son genre.
Ce roman a reçu, entre autres, le prix « quai du polar 2018 » à Lyon.
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Embarqué à bord d’un kayak de mer, l’auteur part seul vers l’île de Hans dans le Haut-Arctique. Il affrontera des conditions climatiques extrêmes et n’atteindra pas son but mais reviendra sain et sauf pour mettre en garde le lecteur sur la catastrophe écologique qui se prépare et qui avance.
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Bakhita est née en 1869 au Soudan où elle a été enlevée, ainsi que sa sœur, par des trafiquants d’esclaves qui la revendent à plusieurs reprises sur les marchés, lui infligeant de mauvais traitements.
Alors qu’elle appartenait à un général turc, elle est acquise par le consul d’Italie à Khartoum, qui la ramène chez lui. Baptisée à Venise, elle devient religieuse à Schio, où pendant 50 ans, elle s’occupera du linge de la
cuisine…
Elle meurt en 1947, est béatifiée en 1992 et canonisée par Jean-Paul II en 2000.
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Le métier de marin-pêcheur est sans nul doute l’un des plus dur métier qui soit, mais de là à s’engager volontairement comme mousse pour une campagne de pêche au flétan en Alaska quand on est une fille jeune et frêle...
Cela laisse le lecteur béat voire incrédule !
Pourtant ce récit au style enlevé mais assez peu littéraire, semble bien être le récit d’une aventure vécue par l’auteure elle-même. À découvrir.
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Il fallait bien le talent d’Alice Ferney pour tourner les pages de cette chronique sociale catholique sur fond d’histoire de France aux 19e et 20e siècles.
Ces BOURGEOIS bourgeois lui inspirent de belles phrases sur la mort, la maternité, la transmission des valeurs, mais elle a l’honnêteté d’évoquer aussi un milieu fermé, obtus, non progressiste...sans porter de jugement.
Le ou la narratrice évoque beaucoup de faits historiques en commentant les pages d’un album photos de famille, mais il manque au lecteur un vrai fil romanesque pour en faire une très belle saga à la française.
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Embarqué sur un brise-glace russe à la demande de son éditeur, l'écrivain nous livre son expérience unique en Antarctique.
Pendant trois mois, il partage le quotidien des marins, mécaniciens, scientifiques, météorologues et de quelques femmes russes qui ont contribué à la gloire du bloc de l'est dans les années 1930-1950 et qui pour certains, continuent l'aventure.
Le milieu est inhospitalier, le froid intense (record à -89°), la lumière irréelle au point qu'on y perd la notion du temps !...
On apprend beaucoup sur le 6ème continent qui, par le traité de l'Antarctique, appartient à tous.
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Ce petit livre aux allures de nouvelle retrace la vie du dernier gardien de cette île au large de New-York où tous les migrants se devaient d'être à disposition des autorités américaines avant d'être autorisés à fouler le sol de la "terre promise".
Alors qu'il ne reste plus qu'un seul candidat à l'immigration dans les bâtiments, le gardien, très solitaire, entreprend de raconter sa vie sur l'île.

Ethnopsychiatre né au Caire de parents juifs chassés par Nasser en 1952, Tobie Nathan évoque ici ses souvenirs d'enfance en Égypte quand les juifs disaient "Allah"en parlant de leur Dieu car leur langue maternelle était l'arabe.
Tous cohabitaient et ils aimaient leurs différences. Dans cette fresque monumentale, on assiste à la chute d'un monde ancien plein de magie et de sortilèges, et à la naissance d'un monde moderne entre dieux et diables.
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En 1937, le moine ermite orthodoxe, Nikodime, regroupe autour de lui quelques moines qu'il enverra récupérer les objets religieux précieux, dans les églises fermées par Staline en Russie.
Mathias, jeune photographe américain se retrouvera sur la piste de ces objets en 2002... Passionnant !
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"En écrivant "Petit pays", je voulais réparer une blessure, notamment celle que j'ai ressentie en arrivant en France, où je n'étais plus Gaël de Bujumbura, mais un petit africain qui a fui la guerre, un réfugié.
Je détestais cette identité-là, qui m'était tout à coup imposée.
Une chance, après mon arrivée en France, fut de tomber amoureux de la langue. L'écriture s'est imposée à moi, et j'ai survécu grâce à elle".
Tout est dit dans cet extrait et il reste de cette lecture de beaux souvenirs d'enfance, une bouffée d'oxygène, dans un pays écartelé.
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Dans les années 1930, au Japon, des jeunes filles choisissent un mari "sur catalogue" et vont émigrer aux États-Unis où les attendent les heureux élus pour fonder une famille...
Une lecture au style délicat, tout en retenue. Un petit bijou.
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Pendant 20 ans, l'auteur qui est journaliste, a interviewé des russes pris au hasard dans la rue ou dans un train... et a enregistré leurs souvenirs d'une époque allant de la mort de Staline en 1953 jusqu'en 2012.
Un documentaire exceptionnel sur le communisme en Russie et la perestroïka, qui se dévore comme un roman dont on ne sort toutefois pas indemne de souffrance morale !
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Belle saga originale d'un père, descendant d'esclave à la Barbade, et de son fils prodige au XVIIIème siècle.
L'enfant a été en partie élevé avec le fils anglais, du propriétaire d'une grande plantation. Il se découvre un don pour la musique et son père n'aura de cesse de présenter son petit musicien sur les grandes scènes européennes, un peu à la façon de Mozart. Passionnant !
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A New-York dans les années 1940, un enfant végète dans les sous-sols où sa mère l'enferme pendant qu'elle travaille. Un jour, sous un monceau de vieux cartons, il découvre un petit piano...
C'est l'histoire de la vie de cet enfant, au don exceptionnel pour la musique, qui entrainera le lecteur "corps et âme" avec lui jusqu'au sommet de son art.